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PRISET : « Le viol peut amener une jeune fille à changer d’orientation sexuelle, à ne plus concevoir ou à vouloir se donner la mort », Princesse Sabi (GF2D)

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Togopeople

Le 23 novembre 2021, la CEET et l’Ong GF2D bouclaient dix jours de campagne de sensibilisation sur les violences liées au genre (VBG) dans le cadre de la mise en œuvre du Projet de Réformes et d’Investissements dans le Secteur de l’Energie au Togo (PRISET). Des rencontres ayant permis d’interagir avec des leaders communautaires des dix cantons de la préfecture du Golfe et d’Agoè-Nyivé, répertoriés comme les zones d’intervention dudit projet.

Démarré donc le 9 novembre à Togblékopé (à 15 km au nord Lomé), cette campagne ayant ciblé 500 acteurs, s’est achevée avec le canton de Bè, un quartier populaire de la capitale togolaise.

Et à chaque étape, les deux partenaires ont martelé le même message : zéro violence basée sur le genre dans le cadre de l’exécution des travaux pour l’amélioration des services électriques fournis par la CEET en milieux urbain et péri-urbain.

Au cours des rencontres, les participants ont été entretenus sur le harcèlement sexuel, l’abus sexuel, l’agression sexuelle, le viol, l’inceste, la discrimination face à l’emploi et les autres inconduites à caractère sexuel), et les mécanismes de gestion des VBG/EAS/HS et VCE.

Mais, un accent particulier a été mis sur le « viol », qui se révèle être l’une des pires formes de violences subies par les femmes à travers le monde.

Quelles en sont les conséquences ? Comment le GF2D arrive à combattre le phénomène ? Par quel mécanisme gère-t-elle les plaintes ? Toutes ces questions et d’autres interrogations trouvent leurs éléments de réponse dans cet entretien exclusif de Togo People avec Princesse Sabi (photo), Chargée de programme des services juridiques au GF2D.

Lecture…

En français facile, c’est quoi le viol ?

Par définition claire et précise, violer une femme, c’est la forcer à avoir des rapports sexuels. C’est l’une des conséquences les plus graves qu’on peut faire subir à une femme. Parce que cela impacte beaucoup la dignité de la femme. Et c’est durement réprimé par la loi.

Quelles sont les éventuelles conséquences que peuvent entrainer le viol sur la santé de la femme ou de la jeune fille ou encore d’une mineure ?

Le viol a des conséquences très graves sur la santé physique et mentale de la femme.

Il peut arriver que la femme violée, n’ait plus le goût ou l’envie d’être avec un homme. Et cela peut amener cette dernière à changer d’orientation sexuelle. Car, le viol peut amener une jeune fille à aimer dorénavant plus les femmes que les hommes. Car elle aura un dégout pour les hommes.

Le viol peut également amener une femme à la stérilité car si son organe sexuel est endommagé, cela peut l’amener à ne plus concevoir.

Peut-il y avoir aussi des conséquences au plan psychologique ?

Bien évidemment ! Il y a des conséquences psychologiques, en ce sens que le viol peut amener une jeune fille au suicide.

D’autant plus que si elle est psychologiquement atteinte, elle sera dégoutée de la vie. Ce qui va l’amener à vouloir se donner la mort. Voilà pourquoi le législateur a été vraiment formel sur la question.

Au cours de vos séances de sensibilisation, vous avez évoqué à maintes reprises, le viol « conjugal », une notion encore méconnue pour une frange de la population togolaise. Alors, pouvez-vous nous en dire davantage, Mme Sabi ?

Evidemment, aujourd’hui, au sein du couple, le viol conjugal est reconnu par le nouveau Code pénal togolais. Et c’est puni par la loi. Une femme victime de violences conjugales et qui porte plainte, cela peut conduire à une condamnation du monsieur à une peine d’un mois de travaux d’intérêt général, d’autant plus que le législateur veut éviter que ce foyer ne soit disloqué.

C’est quand le monsieur récidive que la loi peut le condamner à une peine d’emprisonnement de 12 mois et au payement d’une amende allant jusqu’à un million de francs CFA.

Eu égard de ces séances de sensibilisation, les violences basées sur le genre sont-elles une réalité dans les communautés que vous avez sillonnées? La population s’est-elle montrée réceptive au message véhiculé ?   

Oui ! Les débats ont été vifs. Les discussions ont été franches et riches notamment en témoignages de la part des participants. Il faut avouer que les échanges ont suscité un réel intérêt auprès des populations.

Mais le constat que nous avons effectué au cours de nos séances de sensibilisation, est que les violences sexuelles sont une problématique évoquée par la CEET, mais c’est un problème qui est présent dans les familles. C’est une triste réalité au sein des communautés.

Et quand nous parlons de violences sexuelles un peu partout, nous avons constaté que les populations ont pris conscience de la chose.

Néanmoins, beaucoup ont pointé du doigt, des tenues vestimentaires « indécentes » des jeunes filles. La population estime qu’étant donné que les jeunes filles exposent leurs corps, c’est ce qui amène les hommes à adopter des comportements peu recommandables.

Sur cet aspect, la communauté demande à ce que l’Etat puisse prendre des mesures un peu plus coriaces afin de contraindre les familles à contrôler davantage l’habillement des jeunes filles et que les sanctions puissent être appliquées. Cela va amener les jeunes filles à prendre conscience à mieux s’habiller afin d’éviter des comportements qui entrainent souvent des cas de viol et de harcèlement sexuel.

Et comment se fera le suivi de vos actions dans le cadre du projet PRISET ?

Si le GF2D a été associé à ce projet, à part la prévention et des mesures de dénonciation et autres, un y a un suivi qui sera fait de cette campagne de sensibilisation.

Ceci se fera essentiellement par l’entremise des comités de gestion des plaintes, pour pouvoir recevoir d’éventuelles plaintes qui n’ont pas pu nous parvenir. Ceci, avec l’accord des chefs cantons.

Il faut préciser qu’il y a un partenariat qui existe dorénavant entre les chefs cantons et le GF2D. Ce qui permet à ces derniers de pouvoir nous joindre directement. Ils peuvent également nous solliciter pour poursuivre cette sensibilisation à l’endroit des autres populations qui n’ont pas encore accès à ces informations.

Et AKOFA

C’est un service automatisé de Whatsapp. Un système de dénonciation de violences basées sur le genre qui facilité l’accès des survivantes aux services d’écoute, d’assistance juridique et psychosociale. Il permet également de  sensibiliser les familles, les jeunes et les communautés au problème de la violence à l’égard des femmes et des filles, de contribuer à la réintégration des survivantes de violences dans leur communauté via des activités collectives.

Aujourd’hui, le numéro officiel AKOFA que nous donnons un peu partout c’est le 93 96 89 89.

A travers ce numéro, les victimes peuvent facilement nous joindre partout et peu importe l’heure. Et nous allons gérer ces cas comme nous l’avons toujours fait.

Je vous remercie.   

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