Societé

« Le dialogue social étant en panne, la liberté syndicale est mise à mal », Yves Dossou (Ong SADD)

Seminaire SADD 2
Togopeople

Trop de menaces, d’intimidations, de licenciements collectifs et abusifs pour motif de grève notamment dans la zone franche et le secteur minier. Un constat frappant et amer voire un véritable paradoxe d’autant plus qu’au Togo, l’on dénombre six centrales syndicales qui ont pour mission de défendre les intérêts des travailleurs. Récemment, des centaines d’employés de la société AMINA, sont mis sur le carreau. Une situation qui continue de faire grincer les dents au sein de l’opinion. S’inscrivant dans la promotion du dialogue social au sein des entreprises au Togo, le Syndicat démocratiques des mines (SYDEMINES) et son partenaire l’Ong SADD, veulent amener les syndicats à œuvrer pour la mise en œuvre optimale des conventions 87 et 98 de l’OIT sur la liberté syndicale et le droit de négociation collective ratifiées par le Togo dans le contexte de Covid-19 et post Covid-19. 

Ainsi, avec l’appui du « programme WSM pour à l’amélioration des conditions de travail et de vie dans les mines », un séminaire atelier de renforcement de capacités a été organisé du 30 au 31 octobre à la FOPADESC d’Agoè-Nyivé, à l’intention de 36 responsables et délégués syndicaux dont 4 femmes. Tous issus de cinq syndicats des mines et carrières, représentant les travailleurs d’une dizaine d’entreprises minières et carrières du Togo.

La rencontre était axée sur le thème : « Les conventions 87 et 98 de l’OIT sur la liberté syndicale et le droit de négociation collective, leur cadre juridique et leur application au Togo et en Afrique dans le contexte de Covid-19 : Défis et perspectives « .

C’est une évidence. Les entraves et le rétrécissement des libertés et des droits des travailleurs, sont de plus en plus récurrents au Togo.

Les responsables syndicaux et délégués du personnel qui devraient constituer des interlocuteurs directs des responsables des multinationales, implantées sur le territoire nationale, deviennent impuissants.

Car, semblent être des « candidats » au licenciement. La suppression des dispositions relatives à la protection des délégués syndicaux et du personnel dans le code du travail du 18 juin 2021, vient enfoncer le clou.

Pour Kodjovi Sedonou, SG adjoint de SYDEMINES, « cette situation est inacceptable dans un pays qui a ratifié les conventions 87 et 98 de l’OIT sur la liberté syndicale et le droit d’organisation et de négociation collective ».

Comment en est-on arrivé là et comment en sortir ?

Pour ce dernier, « le moment est venu pour que le syndicat recherche sans attendre les voies et moyens pour jouer effectivement et véritablement le rôle qui est le sien afin de donner au monde du travail une législation qui respecte les conventions internationales notamment la C87 de l’OIT sur la liberté syndicale et la C98 sur le droit d’organisation et de négociation collective ».

« Les syndicats de base dont les responsables et délégués sont les premiers visés et menacés par ce recul de la liberté syndicale ont un grand rôle à jouer ».

Intervenant au cours des travaux, Yves Komlan Dossou a, dans un premier temps, relevé que « le contexte particulier de la COVID-19 a bouleversé l’ordre social, économique, et politique établi et est utilisé pour piétiner les droits des travailleurs mettant à rude épreuve l’un des piliers fondamentaux du travail décent qui est le dialogue social ». 

« Le dialogue social étant en panne, tous les abus sont permis, et l’élément catalyseur du dialogue social qui est la liberté syndicale est mis à mal », fait-il savoir.

Dans ce contexte, quelle mobilisation sociale pour relever les défis des nouvelles formes alternatives d’organisation de travail pour que les directives de l’OIT dans le contexte de la COVID-19 puissent s’imposer ?

Voilà la question sur laquelle que les participants à l’atelier, ont planché au cours des deux jours.

M Dossou dit « nourrir l’espoir » que le présent séminaire outillera sur les questions fondamentales de la « liberté syndicale et du dialogue social » conformément aux directives de l’OIT » pour assainir les relations professionnelles, gages d’une nouvelle dynamique pour faire face à la crise et assurer la justice sociale, la paix sociale et la stabilité politique.

A noter que la rencontre a été organisée, avec l’appui financier de de WSM (We Social Movements) de Belgique.

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