Societé

Togo : les travailleurs des mines ont désormais leur « Union syndicale »

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Estimant être les « grands oubliés » des centrales syndicales qui œuvrent pour la défense des intérêts des travailleurs au Togo, les travailleurs du secteur des mines ont décidé de se constituer en « Union ». C’est ainsi qu’ils viennent de porter sur les fonts baptismaux, l’Union nationale des syndicats des mines et carrières du Togo (UNASYMCAT). Une plateforme qui a vu le jour à l’issue d’un congrès constitutif tenu dimanche 31 octobre 2021 à la FOPADESC, dans la préfecture d’Agoegnivé à Lomé. Avec un Bureau exécutif composé de 9 membres dont 2 femmes, cette Union regroupe 5 syndicats à savoir le SYDEMINES, le SYNAMITO, le SYLIMITO, le SYNAPOST et le SYNEM.

A en croire Norbert Amouzou (au micro), porte-parole de l’UNASYMCAT, l’union entend combler le vide laissé par les centrales syndicales. Et ceci, en œuvrant en synergie pour surmonter ensemble les difficultés auxquelles le secteur reste confronté.

Dans un premier temps, avance ce dernier, « elle veut œuvrer de telle sorte que les négociations par rapport à la convention C176 de l’OIT puissent reprendre avec les pouvoirs publics ».

Des négociations qui, faut-il le souligner, ont été entamées en 2012 mais malheureusement suspendues depuis 2013.

« Nous voudrions amener les autorités compétentes à garantir le dialogue social, afin que nous soyons à l’aise dans les différentes négociations avec les patrons des multinationales dans lesquelles nous travaillons », soutient le porte-parole.

« Au Togo, travailler dans les mines et percevoir un SMIG qui est égal à 35 000 F, n’honore pas notre métier ». « Nous estimons que le salaire doit correspondre aux pénibilités des travailleurs des mines que nous sommes ».

Heureux de s’être vu confier par ses « camarades », la lourde tâche de porte- parole, M Amouzou a tenu à témoigner leur reconnaissance à l’Ong SADD en particulier son coordonnateur Yves Dossou qui, soutient-il, « a su œuvrer avec détermination et courage malgré les difficultés et enjeux du monde de travail mais aussi les formateurs, les inspecteurs du travail et des lois sociales, les grands juristes et les bonnes volontés qui ont de près ou de loin contribué nuit et jour pour voir naître notre Union ».

« Nous sommes conscients qu’aujourd’hui avec l’évolution du monde de travail dans laquelle le patronat devient subtile et de plus en plus fort, que seule une union franche et solide des travailleurs reste la solution », estime le porte-parole de l’UNASYMCAT ».

« Les grands défis nous attendent entre autres la ratification de la Convention 176 par notre pays, la préparation et la négociation de la Convention des mines du Togo », rappelle ce dernier.

Pour y parvenir, soutient-il, « le Bureau exécutif va œuvrer pour s’associer avec d’autres unions ou fédérations syndicales à l’instar de la FIT et la FTBC qui nous accompagnent aujourd’hui (que nous remercions déjà pour leur présence dans cette salle) et des OSC nationales et internationales pour constituer un large réseau de défense des droits des travailleurs et travailleuses du Togo ».

Le porte-parole de l’UNASYMCAT dit pouvoir « compter sur la contribution de tous les travailleurs des mines pour atteindre nos objectifs ».

Dans son intervention, Yves Dossouu, le coordonnateur général de l’Ong SADD, a pour sa part, laissé entendre que « ce congrès se tient dans un contexte marqué par la crise mondiale sanitaire de Covid-19 où l’emploi et les conditions de travail et de vie des centaines de milliers de travailleurs se sont sensiblement détériorés ».

« Les nouvelles formes alternatives d’organisation du travail ont souffert de l’entrave à la liberté syndicale et du droit de négociation collective comme en dépit des directives de l’OIT. C’est le cas au Togo dans les Zone Franche et dans l’Hôtellerie et autres avec l’adoption d’un nouveau code du travail qui assassine la liberté syndicale et le dialogue social et la protection des délégués du personnel et délégués syndicaux », rappelle M Dossou.

Pour ce dernier, « le travail décent fait donc corps avec l’épanouissement de l’Homme ».

« Le travailleur togolais doit vivre le travail décent. Il ne doit pas constituer un rêve pour lui. Le gouvernement en est d’ailleurs conscient et c’est ce qui justifie la signature le 19 octobre 2010 avec le Bureau International du Travail (BIT) le 1er du Programme –Pays pour un Travail Décent (PPTD) », a conclu le premier responsable de l’Ong Solidarité et Action pour le Développement Durable (SADD).

A préciser que le Congrès a enregistré la participation de 69 personnes dont 8 femmes, tous issus des cinq syndicats cités plus haut.

Enfin, il est à noter que la mise en place de l’Union nationale des syndicats des mines et carrières du Togo (UNASYMCAT), a été rendue possible grâce au soutien financier de WSM (We Social Movements) de Belgique.  

Le Bureau Exécutif de l’UNASYMCAT

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