Economie

Togo : « Ces sociétés fermées faisaient autre chose que le Trading »

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« Ces jeunes ont tradé pour beaucoup de personnalités y compris des ministres. Si on ouvre la boite de pandore, beaucoup de têtes vont tomber ». Ces propos sont ceux d’une source proche d’un des responsables des sociétés de trading, actuellement sous les verrous, pour « exercice illégal d’activités monétaires et financières ». Sous couvert de l’anonymat, notre source dénonce l’arrestation « spectaculaire » de ces jeunes Togolais. Soutenant que des personnes haut placées ont contribué à la promotion du Trading et à son enracinement dans le pays. En s’intéressant à ce dossier brûlant, nous avons posé à des experts dans sous-région, la question qui alimente la polémique depuis l’éclatement de l’affaire : le Trading est-il illégal ? Ils ont tous répondu « Non ! ». A quel niveau se situe alors le problème ?

Un responsable d’une société de microfinance, opérant sur le territoire togolais, a également accepté volontiers de répondre à l’épineuse question.

« Le Trading, c’est une activité légale qui est est à part. Le Trading, c’est le commerce extérieur, ce sont des activités boursières et c’est légal. Le Trading n’est pas la microfinance, il a sa loi à part », nous répond ce dernier.

Si la législation togolaise n’interdit guère le Trading, alors que reproche-t-on aux sociétés incriminées ?

Pour ce dernier, « les microfinances étaient contre le Trading parce que les traders spolient l’épargne des populations ».

« Les gens prennent leur dépôt pour aller investir et dire qu’ils sont en Trading. Le trading est une activité légale mais les gens mêlent le placement illicite dedans, ils trompent les gens qu’ils vont aller placer sur les marchés boursiers alors que ce sont des sociétés de Ponzi, ceux qui arrivent premièrement qui encaissent les dépôts de ceux qui arrivent après. Et quand il n’y a pas beaucoup d’entrées, le système s’étouffe et la masse ne peut pas récupérer son dépôt », explique ce responsable, précisant que la microfinance et le trading sont deux activités indépendantes.

Pour sa part, l’autorité publique avait indiqué que « ces structures exercent en toute illégalité et ne sont pas autorisées à collecter des fonds auprès du public contre des titres de capital ou de placement ».

« Elles proposent des gains mirobolants et flatteurs pour susciter l’engouement de la population à ces produits, l’exposant ainsi à un risque élevé de perte de l’épargne constituée durant tant d’années d’efforts », soutenait en mars dernier, le ministre des Finances, Sani Yaya.

Il rappelle en outre que : “l’exercice de toute activité en lien avec l’appel public à l’épargne et les instruments financiers, est soumis à l’agrément obligatoire ou à l’autorisation préalable de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), du Conseil Régional de l’Épargne Publique et des Marchés Financiers (CREPMF) de l’UMOA ou du Ministère de l’Économie et des Finances”.

Une sortie de l’argentier du gouvernement togolais qui est consécutive à la décision de suspension des activités des sociétés de placements de fonds ou encore déclarant être actives sur le marché des cryptomonnaies.

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Cette sortie de Sani Yaya intervenait dans un contexte où les Etats de l’UEMOA se concerteaient à réfléchir à une loi qui criminalise les activités susvisées et assimilées, les sociétés de trading, de cryptomonnaies et de placements à hauts risques dans l’espace sous régional.

Rappelons qu’en juillet, face aux inquiétudes des milliers de clients spoliés qui réclamaient leurs fonds, le ministre Sani Yaya avait annoncé la mise en place d’un comité de suivi des remboursements des fonds collectés par ces structures.

Plus récemment, de nombreux acteurs et responsables de ces sociétés ont été appréhendés par les forces de l’ordre, auditionnés et placés sous mandat de dépôt, dans le cadre des enquêtes.

Notons que ces sociétés, pour la plupart d’origine asiatique, inondent le marché togolais et proposent parfois jusqu’à 300% de taux d’intérêts cumulés à leurs adhérents, au bout d’un an.

Les sociétés pointées du doigt et suspendues fin mars dernier sont entre autres : Global Trade Corporation S.A.S., CACESPIC-IF Togo Sari, Prosperity Investment Corporation (PIC) S.A, la Société de Négoce et de Courtage en Banque (SNCB), Leader Bureau Chymall-Sairui Groupe Togo, Alliance in Motion Global, Chy Century Heng Hue, QNET, J-Global Capital International S.A.U, TIENS, TIMEX TRADING, Aladin Groupe, Petronpay Togo, Black empire, High Life International, Global Building Investment and Trade (GLOBIT), Global Investment Trading (LIYEPLIMAL).

Pour ou contre la réglementation ?

Pour le jeune trader EGA, « il y a ce réel besoin de réglementation du secteur ».

« Certes, l’exercice du Trading ne peut être interdit, puisqu’en soit, il n’est pas illégal. L’appel à l’épargne publique est le problème à la base. La culture et la notion de ce secteur commence peu à peu par s’intégrer à nos modes de vie quotidienne. Les politiques devraient pour ma part analyser l’impact et les conséquences sous-jacentes du Trading. La réglementation relève de la politique monétaire de chaque pays et son climat des affaires », soutient ce dernier.

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