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Reckya Madougou, du rêve au cauchemar ?

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Plus de neuf mois après avoir été désignée candidate des Démocrates à la présidentielle au Bénin, Reckya Madougou est bien loin de goûter aux délices du palais de la Marina. Détenue à la prison civile de Missérété depuis le 5 mars dernier pour « financement de terrorisme », l’ancienne conseillère de Faure Gnassingbé vit dans une cellule de 8 m2, qu’elle partage avec cinq autres femmes, dont l’une a un enfant.  » Elle n’a accès ni à la télévision ni à la radio », révèle Me Mario Stasi, l’un de ses avocats, chez nos confrères de Jeune Afrique.

La même source révèle qu’elle était soumise au départ à un régime très strict, avec interdiction de recevoir les repas apportés par sa mère, Thérèse Aledji Sadia, seule personne autorisée, en dehors de ses conseils, à lui rendre visite.

« Sa mère, qui lui livre trois repas par semaine, ne peut lui parler, pas plus que ses deux enfants, qui vivent actuellement dans la résidence de leur mère à Cotonou ».

Dans une saisine, que Jeune Afrique dit avoir pu consulter, les avocats s’inquiètent tout de même des circonstances de son arrestation et des conditions de sa détention.

Ces derniers dénoncent surtout le caractère « arbitraire » et « illégal » de son interpellation.

Mais après sa une récente rencontre avec ses avocats, Reckya Madougou a vu ses conditions de détention évoluer.

« L’ancienne ministre de la Justice de Thomas Boni Yayi a désormais le droit de recevoir les colis de sa mère et d’exercer une activité physique quotidienne », écrit JA.

Dépeinte comme un agent déstabilisateur par l’entourage de Patrice Talon, elle est en revanche, érigée en figure de la résistance par ses soutiens.

Revenant sur les raisons de l’arrestation de Reckya Madougou, le procureur assure notamment que les enquêteurs ont les éléments prouvant qu’elle aurait financé une « opération » qui prévoyait  « le meurtre d’une autorité importante de Parakou », dans le nord du pays, puis « l’élimination d’une seconde autorité politique, à l’occasion des obsèques de la première victime ».

Me Antoine Vey, l’un de ses conseils, évoque pour sa part un « scénario délirant ».

« Personne ne peut imaginer Reckya Madougou, ancienne ministre, femme respectable et respectée, donner de l’argent en vue d’assassiner quelqu’un », estime l’avocat français.

Au delà de tout, ce dernier dépeint le portrait d’une femme profondément affectée par sa détention mais assure qu’elle est dans « une posture de combattante ».

« Pourquoi cette femme à qui tout semblait réussir a-t-elle décidé de se lancer dans la course à la présidence ? Pourquoi risquer de se brûler les ailes dans un contexte politique qui semblait bien peu favorable à une opposition morcelée et exsangue après les réformes politiques menées à marche forcée par Patrice Talon au cours de son premier mandat ? », s’interroge Jeune Afrique.

Devenue conseillère spéciale de Faure Gnassingbé en avril 2016, elle s’est rapidement imposée dans le cercle de confiance du digigeant togolais. Au point même de s’attirer les inimitiés.

Interrogé en avril dernier sur une éventuelle grâce à ses opposants, Patrice Talon n’entend pas accorder sa clémence à ceux-là qui, dit-il, « ont planifié une insurrection pour me faire tomber ».

Vivement que le chef de l’Etat béninois puisse transcender les intérêts politiques et revenir sur sa décision.

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