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Togo : un ancien étudiant du Prof. Kokoroko interpelle son ministère sur la question des ‘Cantines scolaires’

AKOUSSAH Pascal_cantines scolaires
Togopeople

« La restauration scolaire : comprendre, élargir et améliorer le dispositif au Togo ». C’est le billet rendu public ce 10 août 2021 par Kwassi Pascal AKOUSSAH, Juriste et Consultant social. Un jeune Togolais de la diaspora qui entend contribuer au développement de son pays à travers des actions multiformes. Face au défi de pérennisation et d’extension de la fourniture des repas chauds dans les écoles des zones pauvres ciblées par le programme de « Cantines scolaires », cet ancien étudiant du ministre de l’Education, Prof Dodji Kokoroko, souhaite plus d’implication à divers niveaux. Posant un diagnostic clair de ce dispositif, ce dernier livre ici des clés pour garantir la fourniture des repas scolaires réguliers. Lire le billet…

La restauration scolaire : comprendre, élargir et améliorer le dispositif au Togo

Par Kwassi Pascal AKOUSSAH, Juriste et Consultant social

Qu’est-ce que c’est que la restauration scolaire ? Comment se met-elle en place ? Quid de sa faisabilité en Afrique subsahérienne en général et au Togo en particulier ? Ce sont quelques interrogations qui vont nous permettre d’éplucher ce sujet de « cantine » dans nos pays africains et plus particulièrement au Togo.

En quelques mots, la restauration scolaire encore appelée la cantine est une restauration collective et à caractère social organisée au bénéfice des élèves.

Nous n’allons pas aborder la question de la préparation et de la distribution des repas dans cet article. Nous allons nous intéresser à la faisabilité du dispositif. Pour cela, nous devons savoir son but précis.

La restauration scolaire, comme nous venons de le préciser répond principalement à un but social : assurer à tous les élèves une alimentation équilibrée, avec une qualité nutritionnelle et une sécurité alimentaire suffisante.

En effet, l’alimentation d’un enfant en âge scolaire est essentielle pour sa croissance, son développement mental ainsi que pour ses capacités d’apprentissage. Autrement dit, un enfant mal nourri ne pourra pas croître et se dévélopper normalement et ses capacités d’apprentissage seront de jour en jour alterées. Nous pouvons illustrer cela avec un véhicule ou encore une machine qu’on conduit sans carburant, élément essentiel pour son bon fonctionnement.

Or, se concentrer et faire travailler les neurones et le cerveau lors de l’apprentissage fait autant dépenser d’énergies, pour ne pas dire plus, que lors des activités mécaniques.

Si donc les enfants sont les leaders de demain, la relève pour le pays, il n’ya rien de plus important que de mieux les nourrir, les protéger, les entretenir et les aider à donner le meilleur d’eux-même afin qu’ils deviennent des citoyens prêts à toutes bonnes œuvres dans le futur. Cette précision étant faite, et admettons une prise de conscience par les diverses autorités en charge ainsi que les parents d’élèves, nous pouvons maintenant nous demander comment arriver à assurer cette cantine effective à tous les élèves du Togo, du grand nord au sud du pays ? La décentralisation en est pour quelque chose. Et donc DIEU merci pour l’installation des mairies à travers le pays.

Dans plusieurs pays pionniers en matière de restauration scolaire comme les pays occidentaux, le système retenu pour cette restauration est celui de la décentralisation.

En effet, les communes (mairies) assurent généralement ce service pour les écoles primaires et maternelles ; les départements prennent en charge ce service pour les collèges, et les régions pour les lycées. Cette répartition permet d’éviter une inefficacité dans le service rendu.

Vivement qu’une meilleure répartition des responsabilités soit la préoccupation de nos autorités nationales aussi, pour le bonheur des élèves.

Certes, c’est un service à caractère social qui doit par conséquent être pris en charge par les administrations publiques. Cependant, dans ces pays pionniers, les parents d’élèves participent selon leurs moyens à ce service. Dans ces pays à l’instar de la France, c’est le quotien familial qui détermine la participation des parents à ces repas ; le quotient familial étant un outil de mesure des ressources mensuelles des parents.

Cet outil tient compte à la fois des revenus professionnels et/ou de remplacement (indemnités par exemple) des parents, des prestations familiales mensuelles perçues (y compris celles versées à des tiers) et de la composition du foyer ou de la famille. Chaque parent inscrivant son enfant à cette restauration scolaire, assure donc une partie des frais des repas servis pendant les pauses méridiennes. Ce n’est pas le juste prix des repas, mais juste une participation ; le caractère social du service fait que l’administration prend en charge la grande partie.

Seulement, dans nos pays d’Afrique subsaharienne, la majorité des parents n’ont aucun revenu et ne bénéficient d’aucune prestation sociale, ce qui fait qu’ils ne peuvent participer en rien à ce service. Est-ce leur faute pour autant ? Tout le monde voudrait bien travailler mais les conditions devraient encore être réunies. Les élèves devraient-ils être pénalisés et privés de restauration scolaire du fait de cette situation ? Sont-ils responsables de cela ? Les administrations ne devraient-ils pas faire des efforts supplémentaires pour assurer un meilleur avenir pour le pays en passant par une meilleure alimentation ? Et si la manière de procéder reste encore problématique, il faut dire qu’on n’est pas obligé de faire comme cela se fait dans les pays pionniers. Il faut simplement adapter ce service à nos réalités…..

Vivement que ce qui a débuté dans certaines zones du pays (Togo) puisse être généralisé et amélioré pour le bonheur de tous les élèves du Togo, et aussi par souci d’égalité devant le service public. Il est de bon ton de féliciter les autorités togolaises pour la mise en œuvre progressive de ce dispositif en partant du nord pour arriver au sud. Cette initiative financée au début par des fonds internationaux serait désormais prise en charge par l’Etat togolais.

Vivement qu’elle continue son chemin pour atteindre tous les élèves, surtout les plus défavorisés. Les autorités Etatiques sont à encourager sur ce point ; il faut aussi interpeller les équipes du professeur KOKOROKO et les collectivités territoriales pour que les choses soient faites de mieux en mieux.

En outre, on peut tirer d’autres avantages de ce dispositif au-delà du bien que cela fera aux élèves.

En effet, les entrepreneurs du pays pourront énormément profiter de ce dispositif en gagnant divers marchés de prestations de service lancés par les administrations en charge de cette restauration scolaire. Les entrepreneurs dans le domaine de l’agriculture pourront proposer des produits locaux et naturels issus des cultures locales pour assurer une alimentation saine aux élèves ; les restaurateurs et prestataires de services de distribution, les « bonnes dames » comme on aime les appeler pourront se saisir de cette occasion pour gagner leurs pains quotidiens. Ce sera juste une question d’organisation ! Au galop, chers entrepreneurs !

Au-delà de tout, c’est la nation toute entière qui gagne. L’économie est revitalisée et boostée, et les élèves-relève de demain se retrouvent dans une bonne condition d’étude.

En réalité, personne ne perd dans cette affaire…

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