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Diamond Cement Togo : les employés grévistes appellent le gouvernement à « stopper l’employeur dans sa défiance de l’autorité »

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C’est le statu quo à la cimenterie de Diamond Cement Togo (DCT). Après six jours de grève de 99% des travailleurs affectés à la production pour, dit-on, réclamer notamment un contrat CDI après 10 ans de travail, une augmentation de salaire et le déblocage des avantages, l’usine installée à Dalavé, localité située à 30 km au nord de Lomé, continue de tourner par le biais du personnel indien qui fait tourner les machines à la place des Togolais grévistes. Et ce, malgré l’injonction de l’Inspection de Travail de Tsévié faite à l’administration de l’entreprise le 1er juillet 2021, lendemain du déclenchement de la grève de 72 heures. Une mesure qui avait pour objectif de faire respecter le droit de grève des employés comme le prévoit l’article 60 de la Convention collective interprofessionnelle du Togo qui stipule qu’en cas de grève, il est interdit de recruter un nouvel personnel, pour ne pas saboter le mouvement.

A la surprise générale, ce mouvement de débrayage sensé amener l’employeur à la table de négociation, n’a nullement fait avancer les choses.

Une situation qui fait grincer les dents dans les rangs des travailleurs grévistes mais aussi au niveau du Syndicats Démocratiques des Mines du Togo (SYDEMINES).

Après trois jours de grève, l’employeur de la DCT n’a daigné appeler les travailleurs grévistes pour une discussion quelconque. Il a continué par faire tourner l’usine par le biais des Indiens dont les salaires sont plusieurs dizaines de fois mieux que les misères des travailleurs togolais en grève. C’est cette situation qui nous amenés à reconduire la grève de quatre jours supplémentaires qui s’épuisent ce mardi 06 juillet 2021″, a expliqué hier lundi Kodjovi Sedonou, le SG adjoint de SYDEMINES, qui se fait le porte-voix des travailleurs grévistes.

« Déjà au premier jour, ce sont des expatriés indiens qui sont venus prendre la place des travailleurs qui ne sont pas venus au boulot à cause de la grève. Par la suite, on a constaté qu’ils ont commencé par recruter de nouveaux travailleurs par le biais des tâcherons pour venir remplacer les travailleurs en grève. Pour les trois premiers jours, l’entreprise a tourné comme si de rien n’était. Nous avons saisi l’Inspection du travail, qui a fait le déplacement, pour constater que ce que nous avons dit est vrai. Et l’employeur n’a pas nié tourner l’entreprise avec un nouveau personnel », a-t-il poursuivi.

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Et de soutenir : « Si l’employeur était revenu à la table des négociations, normalement dans les trois jours, on allait surseoir à ce mouvement. A notre grand étonnement, il n’a pas daigné appeler les travailleurs à la table de négociation ».

Face à la défiance de l’autorité de l’employeur de Diamond Cement Togo et son obstination à faire la sourde oreille aux revendications citées plus haut, que le Syndicat Démocratique des Mines du Togo (SYDEMINES), juge d’ailleurs « légitimes », son Secrétaire adjoint Kodjovi Sedonou, invite l’Exécutif togolais à user de toute sa force pour « freiner ce dernier dans son élan et le contraindre à instaurer un dialogue social dont il se montre réfractaire ».

Dans le but d’impliquer plus d’acteurs communautaires dans cette affaire qui défraie la chronique depuis une semaine, les travailleurs grévistes, environ 200 têtes, avec à leur tête les responsables de SYDEMINES, se sont rendus lundi 5 juillet 2021, successivement à l’Inspection de Travail, à la Préfecture et à la Mairie de la localité Tsévié.

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Suite aux échanges avec les maîtres des lieux, ces derniers ont donné leur approbation et promis d’œuvrer, dans un esprit de conciliation, pour un dénouement heureux de cette affaire, dans les meilleurs délais.

Et ceci, en amenant l’employeur de la DCT à respecter la législation du Travail au Togo ainsi que les recommandations de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) prévues à cet effet.

Tour à tour, ces voix les plus autorisées ont dans leur intervention, invité les grévistes « visiblement très remontés », à la non-violence.

Elles ont exhorté ces derniers, à ne pas se rendre sur le lieu du travail, d’éviter même les abords, de ne pas s’en prendre aux non-grévistes, de proscrire des actes de vandalisme dans leur rang, etc. Lesquels pourront leur porter préjudice.

« Personne n’a intérêt que les choses se dégénèrent », a soutenu pour sa part, le Préfet Etsè Kodjo Kadévi.

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