Politique

Victoire Dogbé : « Je peux dire que nous en avons fini avec la riposte… »

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Pragmatisme et agilité. Tels sont les maître-mots utilisés par le cheffe du gouvernement togolais pour justifier la gestion efficace et efficiente de la crise liée au Covid-19. Les résultats sont d’ailleurs parlants : 300 cas actifs, un peu plus de 13 000 patients guéris. En termes de stratégie vaccinale, 722 000 doses reçues et 300 000 Togolais déjà vaccinés. « Je peux vous dire que nous en avons fini avec la riposte et que nous entrons dans la relance », a affirmé Victoire Tomegah-Dogbé au micro de RFI, après son passage à Paris dans le cadre du le Forum Afrique du CIAN, qui s’est tenu le 1er juillet 2021.

Dans son intervention, le Premier ministre a évoqué les ambitions du Togo ainsi que les défis sécuritaires auxquels le pays est confronté au Nord avec la menace jihadiste au Sahel, et au Sud, avec la piraterie dans le Golfe de Guinée.

Voici un extrait de l’entretien de RFI avec Mme Victoire Tomégah-Dogbé

Quels sont les atouts que nous avons ? Tout d’abord, la sécurité et la paix. Le deuxième atout, c’est la position géostratégique de notre pays et le troisième atout, c’est l’écosystème d’affaires. Tout cela mis ensemble fait qu’aujourd’hui le Togo constitue une plateforme à la fois financière, logistique et industrielle.

Pourquoi une plateforme industrielle ? Parce que le Togo est en train d’amorcer, de manière profonde, son industrialisation. Nous estimons que nous avons beaucoup de matières premières agricoles et minières. Agricoles car nous avons le coton, le soja et l’anacarde et au niveau minier, nous avons le phosphate ainsi que le fer.

Nous ne voulons plus exporter nos emplois vers les pays européens, asiatiques ou américains. Nous voulons recréer des emplois pour notre jeunesse. En transformant nos produits sur place, nous créons de la valeur. Une plateforme industrielle a été mise en place. Elle cherche à accueillir tous les investisseurs, français, européens, etc.

Sur la question de la sécurité, qu’en est-il de la situation dans le nord du Togo, à la frontière burkinabè ?

La question de la sécurité est réelle dans la sous-région. C’est une question qu’il ne faut surtout pas minimiser. Quand le Burkina Faso est exposé, nous avons aussi des problèmes. Nous avons donc intérêt à mutualiser nos énergies, nos forces et nos ressources pour pouvoir combattre ce fléau-là.

Nous avons compris très tôt qu’il faut faire beaucoup d’inclusion sociale et d’inclusion financière en mettant en place des projets, des programmes qui vont toucher des populations vivant dans les milieux le plus reculés. Lutter contre la pauvreté permet de renforcer la sécurité. Le lien est évident.

Au-delà de cela, nous déployons tout un arsenal sécuritaire avec la collaboration de la population. Nous avons ainsi des groupes de veille, partout dans notre pays, pour pouvoir lutter efficacement contre ce fléau. C’est cela qui fait qu’aujourd’hui, nous pouvons dire que nous sommes préservés mais nous devons rester tout le temps en éveil.

Et concernant le Golfe de Guinée, la lutte contre la piraterie ?

Le Togo a abrité le sommet sur la sécurité maritime, il y a quelques années. Le port de Lomé, c’est le poumon de l’économie togolaise et nous ne pouvons pas, ne pas réfléchir à sécuriser ce port.

 Aujourd’hui – on peut le voir – avec toute l’organisation mise en place au niveau du port de Lomé, il y a de nombreux navires qui viennent y chercher refuge ! C’est impressionnant. Dans la nuit, vous voyez plus d’une centaine de navires positionnés dans le port de Lomé. C’est un port refuge. Cela veut dire que nous avons investi, que nous continuons d’investir dans la lutte contre la piraterie maritime et que cela paye aujourd’hui. C’est l’économie du pays, l’économie de la sous-région qui sont concernées et nous y veillons.

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