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Togo/PRISET : « Les participants ont eu un intérêt particulier par rapport aux types de violences qui peuvent survenir dans le cadre de ce projet », Pascal Ahiavédomé

Projet PRISET Pascal Ahiavédomé_togopeople
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Poursuivant un objectif commun, celui d’atténuer les risques de violences basées sur le genre (VBG), qui peuvent survenir dans le cadre de la mise en oeuvre du Projet de Réformes et d’Investissement dans le Secteur de l’Energie au Togo (PRISET), la CEET et le GF2D multiplient les étapes dans le cadre des ateliers de formation sur les VBG qui, à terme, devront permettre d’outiller au total 509 membres des comités de gestion des plaintes, dans les dix cantons des préfectures du Golfe et d’Agoé Nyivé. Alors que la boucle sera bouclée avec les étapes des cantons de Baguida et Vakpossito, prévues respectivement les 25 et 26 juin 2021, l’initiative continue de susciter un réel intérêt auprès des bénéficiaires. Pascal Ahiavédomé (photo), chargé du projet PRISET au GF2D, dresse déjà un bilan positif de la première phase de ces rencontres avec les acteurs communautaires. Lesquelles ont démarré depuis le 8 juin dernier à Amoutiévé.

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M. Pascal Ahiavédomé, en votre qualité de formateur, pouvez-vous revenir en quelques mots, sur le contenu de l’atelier de formation à l’endroit des comités de gestion des plaintes ?

Avec grand plaisir. Eh bien, la formation initiée à l’intention des comités de gestion des plaintes porte essentiellement sur la prévention des violences faites aux femmes et aux enfants, notamment sur le viol, le harcèlement sexuel, la pédophilie. Nous avons également évoqué l’insecte qui peut arriver au sein des communautés. Un accent a été mis sur une second point important qui concerne la prévention et l’accompagnement des survivantes. D’autant plus que nous sommes en partenariat avec des formations sanitaires qui sont fortement impliquées dans la prise en charge mais aussi avec les commissariats qui se situent dans les zones d’intervention du projet PRISET.

Qu’en est-il alors des ouvriers des entreprises, chargés d’exécuter les travaux, que nous considérons comme les acteurs de première ligne ?

Les ouvriers des entreprises qui sont en train de réaliser les travaux d’extension du réseau électrique de la CEET, et qui sont en contact direct et permanent avec la population, auront également une formation qui portera sur le contenu de leur Code de bonne conduite individuelle. Nous tenons à rappeler que, bien avant qu’ils démarrent le travail, ils ont signé avec l’entreprise un Code de conduite individuelle, qui leur interdit certains comportements et par ricochet d’exercer tout type de violence sur les populations riveraines. Cette formation à leur intention, a pour but de leur rappeler leur obligation et tout ce qu’il faut s’abstenir de faire dans le cadre de la mise en oeuvre de ce projet, relatif aux violences basées sur le genre y compris l’exploitation et abus sexuel et le harcèlement sexuel et violence contre les enfants (VCE).

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Quelle appréciation les participants font de ces rencontres ? Et comment jugez-vous l’utilité d’une telle initiative de la CEET, en collaboration avec le GF2D ?

Par rapport à cette formation, il faut avouer que les participants ont eu un intérêt particulier, notamment par rapport aux types de violences qui peuvent survenir dans le cadre de ce projet, mais également dans le cadre de la relation entre les populations au sein des communautés. Ils se sont redus compte que ce sont ces genres de violences qui s’exercent souvent mais les gens ont cette réticence de pouvoir dénoncer les cas ou les auteurs. Par ailleurs, les populations ignorent les structures qu’il faut contacter afin de dénoncer les cas ou pour pouvoir bénéficier d’un accompagnement psychologique et juridique, ou encore pour la jouissance de leurs droits.

Pouvez-vous nous énumérer quelques réactions ou réalités dans les rangs des bénéficiaires de ces formations ?

Evidemment, nous avons eu des témoignages poignants de la part des participants qui ont attesté qu’il y a eu dans la réalisation des travaux comme ceux de la réalisation de nos routes, des cas de violences et des faveurs sexuelles. Nous avons eu également des témoignages de la part de certains agents des comités de gestion, qui ont d’ailleurs suggéré que ces genres de formations puissent être poursuis au sein des communautés et que toutes les localités puissent être sensibilisées sur ces formes de violences qui peuvent survenir. Ils ont également demandé au GF2D de pouvoir former les ouvriers de ces entreprises afin que ces cas de violences ne puissent pas subvenir au sein de leurs communauté.

Le système de dénonciation dénommé « AKOFA » fait également partie des modules phares développés dans le cadre de cette série de formations. Pouvez-vous nous en donner quelques détails ?

D’accord. C’est un mécanisme mis en place par le GF2D depuis décembre 2020. C’est le processus établi pour recevoir, traiter les plaintes et accompagner les survivantes. Ainsi, les plaintes ou dénonciations recensées sur le terrain doivent être immédiatement signalées par les membres des comités de gestion des plaintes ou par les populations de la zone d’intervention, à la cellule de gestion du projet du GF2D. Elles sont soumises par téléphone, sur le numéro (+228) 93 96 89 89, via appel, sms, ou par message WhatsApp. Une fois la plainte reçue, l’équipe du projet se charge de son traitement afin de permettre à la victime de bénéficier des prestations de services adéquats. L’équipe peut aussi se référer à la police le cas échéant. Si la plainte est déposée auprès du GF2D par un ou une survivante ou au nom de celle-ci, le plaignant sera directement contacté ou une référence au prestataire de services concerné sera faite pour donner à la victime la possibilité de bénéficier d’un soutien juridique, psychologique et médicale. Parallèlement, une enquête sera menée sur la plainte.

Initié par le gouvernement avec l’appui de la Banque Mondiale, le projet PRISET vise l’amélioration de la qualité des services électriques fournis aux clients de la CEET en milieux urbain et péri-urbain dans les préfectures du Golfe et d’Agoé Nyivé.

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