Economie

Asky, 11 ans dans le ciel africain

Asky_togopeople_
Togopeople

Le 15 Janvier 2010, le vol commercial Lomé-Banjul marquait l’envol d’Asky Airlines dans le ciel Africain. Onze années plus tard, la success story panafricaine continue de s’écrire…


D’Air Afrique à Asky, une vision panafricaine du ciel

De la faillite puis de la disparition de la mythique Air Afrique en 2002, entre mauvaise gestion et égoïsmes nationaux, les élites africaines ont gardé une certaine amertume, mais la volonté de faire renaître une compagnie panafricaine ne s’est jamais éteinte. C’est ainsi qu’en 2007 sous l’impulsion du président Yayi Boni du Bénin et du premier ministre ivoirien Charles Konan Banny, va naître Asky Airlines.

Les deux hommes démarchent le Togolais Gervais Koffi Djondo, un des fondateurs d’Ecobank, qui va devenir le premier directeur de la compagnie.

Koffi Djondo : "Je n'ai pas eu une enfance comme celle de tout le monde" -  Togo People


Un Actionnariat panafricain et un partenariat stratégique avec Ethiopian Airlines 

Le capital de départ, 120 millions $, était détenu majoritairement par le groupe Ecobank, la Banque Ouest Africaine de Développement et la Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC). Ce qui donna au projet une dimension sous-régionale, malgré les méfiances de certains États possédant (ou prévoyant de lancer) une compagnie nationale.

Portée par la vision panafricaine de Djondo, ainsi que dans l’objectif de maîtriser les coûts de développement et de croître plus aisément, la compagnie signe un partenariat technique avec Ethiopian Airlines dès 2009. Le leader africain de l’air prend 25% du capital, participation qu’elle portera plus tard à 40%. L’accord prévoit l’installation d’un hub en Afrique de l’Ouest, le choix sera porté sur Lomé. Cela permet également à la jeune compagnie de profiter de l’expérience du groupe éthiopien, qui “supervise” Asky, en installant au top management des administrateurs expérimentés : d’Awel Bussera à l’actuel Ahadu Simachew, en passant par Yissehak Zewoldi et Henok Teferra, comme DG de la jeune compagnie basée à Lomé. Et ce, pendant que Gervais Koffi Djondo assure la présidence du Conseil d’administration.

Conquête de l’Afrique et du monde à partir de Lomé

A partir de Lomé, son hub, et avec le soutien du partenaire stratégique Ethiopian, la compagnie a su progressivement étendre son réseau de destinations en Afrique. Desservant au départ les capitales des pays de l’UEMOA, les vols d’Asky se sont progressivement étendus vers les capitales anglophones en même temps que vers la zone CEMAC. En Juin 2019, la compagnie a débuté ses vols hebdomadaires sur Johannesburg, profitant de l’abandon par la South African Airways des liaisons entre Cotonou, Douala et Libreville et la mégalopole sud-africaine. De Lomé à Dakar, de Banjul à Johannesburg ou de Douala vers Dakar, ce sont aujourd’hui plus de 23 capitales politiques et économiques que dessert le transporteur, avec sa flotte de 9 Boeing 737 et son Bombardier Dash 8 Q400. 

Rentabilité et résilience face aux crises 

Dans la sphère des compagnies aériennes surtout africaine, la rentabilité est un mot rare. Pourtant, Asky réussira à équilibrer ses comptes à partir de l’exercice 2014, malgré l’épidémie d’Ebola qui avait sévèrement affecté le marché aérien ouest-africain.

L’entité, qui se rêve « Compagnie panafricaine », réussira ensuite un an plus tard, en 2015, à devenir la première compagnie ouest-africaine rentable, en dégageant des bénéfices de 2,2 milliards de F CFA, avec quelque 500 000 passagers transportés cette année-là. Déjouant la célèbre apostrophe de Richard Branson, célèbre investisseur dans les compagnies aériennes : « Devenir millionnaire, c’est facile : Commencez milliardaire puis achetez une compagnie aérienne. »

Résiliente, Asky l’aura été aussi face à la crise majeure, qu’est la pandémie de Covid19. Dans un contexte où les avions ont été cloués au sol pendant plusieurs mois, avec pour conséquence, une chute de 89% du trafic en Afrique et des pertes qui pourraient avoisiner 6 milliards $ pour les compagnies du continent, selon l’Association internationale du transport aérien (IATA), elle a été une des premières à annoncer la reprise progressive de ses liaisons en Août dernier au lendemain de la réouverture de l’aéroport de Lomé.

Globalement, sur ces onze années la compagnie a réussi à se positionner en tant que compagnie panafricaine et devrait continuer à croître modérément à la faveur d’une pleine reprise des activités économiques sur le continent. En attendant de toucher de plus hauts sommets, ses ailes continuent à se déployer dans le ciel africain.

Source : Togo First

DJAMA-228-12m-(4x3)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *