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Societé

Togo : ‘250 F’ comme dédommagement pour un champ de maïs, les populations de Sika-Kondji remontées contre ScanTogo

Togopeople

Alors que les dirigeants de la société ScanTogo avaient déclaré lors d’une conférence de presse tenue le 19 novembre dernier à Tabligbo, avoir dégagé la bagatelle de 1,5 milliard de FCFA en guise d’indemnisations des propriétaires terriens ayant cédé leurs parcelles dans le cadre de l’exploitation du clinker, ces derniers disent se retrouver avec des modiques sommes dans l’ordre de 250 à 500 FCFA par hectare. Ahurissant, n’est-ce pas ? Pis, certains ont été notifiés par courrier qu’ils ont droit à 0 F comme dédommagement des biens comptés sur leurs parcelles. Au même moment, il leur est fait interdiction de couper ou de dessoucher les plantes qui deviennent la propriété de l’usine. En rogne contre les dirigeants de ladite société, installée depuis 2009 au Togo, les populations de Sika-Kondji, localité située à quelques encablures de la ville de Tabligbo (préfecture de Yoto) sont montées au créneau, samedi dernier, pour exprimer leur ras-le-bol.

Les manifestants accusent notamment la société d’expropriation de terres et de faire du dilatoire.

Ils exigent à cet effet les procès-verbaux de comptage et le barème de dédommagement.

« On se demande comment et sur quel critère les gens sont dédommagés. C’est pourquoi on exige les preuves ».

Dans ce bras de fer qui oppose ScanTogo aux populations de Sika-Kondji depuis plusieurs mois, ces dernières dénoncent également la ‘cruauté’ de certains de leurs compatriotes togolais qui, estiment-elles, sont complices de la situation.

« Le DG Gouliganc est une bonne personne, nous l’avons toujours dit. Ce sont des cupides autour de lui, nos propres frères togolais tapis dans l’ombre qui sabotent ses bienfaits et qui font traîner le nom de l’usine dans la boue « , fulmine Djiguidi Kodjo, porte-parole des populations.

En clair, les propriétaires terriens estiment que les sommes proposées par la société ne sont pas conformes aux comptages effectués sur les terrains.

« Pour un champ de maïs ou un terrain de teck, la société ScanTogo paie 500 F CFA, 250 F CFA voire 0 FCFA à certains propriétaires terriens »

Dans les revendications, M Djiguidi a expliqué que les plaintes sont de quatre ordres :

Le 1er groupe des victimes est composé de ceux qui sont sur le lot 331. Il stipule que les biens de ce lot de dizaines d’hectares a vu une partie de ses biens comptés en 2013. Le reste devrait être compté en 2019.

« ScanTogo a presque rasé la totalité du lot au grand dam des bonnes dames qui pleurent. Sous prétexte que l’usine avait compté la totalité des biens avant. Il faut juste produire les pièces de comptages et de dédommagement si l’usine dit vrai. Ces dames réclament leurs dédommagements »

Le 2è groupe est l’ensemble des plaignants. 1421 au total. Tout le monde réclame son procès-verbal de comptage des biens et le barème. Pour ceux qui ont perçu les 250 F etc, afin de voir sur quel critère on leur paie 250 F ou 0F.

Le 3è groupe regroupe les gens qui n’ont rien eu comme dédommagement mais leurs biens ont été comptés.

La 4è catégorie de plaignants est composée des personnes  dont les biens ont été comptés, détruits par autrui mais dont les propriétaires terriens se disputent le droit de propriété. Pour ces derniers, ScanTogo bloque l’agent de dédommagement sous prétexte qu’il y a litige sur le foncier.

 » C’est ScanTogo qui numérote unilatéralement les lots. Les villageois ne connaissent que leurs champs et ne savent pas à quel lot appartient leurs champs sans les PV de comptage des biens sur lesquels on mentionne les numéros de lot « 

Au fond, c’est que lors des premières extractions de minerais à Sika-Kondji, plus précisément entre 2012 et 2018, les populations disent avoir été indemnisées, mais la suite a été une véritable catastrophe.

Et comme l’explique si bien le porte-parole des populations, « l’indemnisation n’a pas été faite ‘convenablement ».

D’où l’insistance des populations à disposer des procès-verbaux de comptage, pour confronter le montant inscrit sur les PV à ce que ScanTogo entend leur verser.

Outre le volet judiciaire, estimant avoir été spoliées de leurs terres par SacanTogo, les populations de Sika-Kondji lancent un appel aux autorités togolaises et à toutes organisations de défense des droits de l’Homme à leur venir en aide.

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