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Togo : ‘Licenciement abusif de 170 employés de SOFANAT’, la CSTT désavoue l’USYNTRAZOFE

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Du berger à la bergère, la Confédération Syndicale des Travailleurs du Togo (CSTT) vient de réagir par rapport aux ‘fausses accusations’ dont elle estime avoir été victime de la part de l’Union des Syndicats des Travailleurs de la Zone Franche et d’Exploitation (USYNTRAZOFE). Ceci, dans le cadre du présumé affaire de licenciement abusif de 170 travailleurs de la Société de Fabrication des Nattes (SOFANAT), installée dans la zone franche togolaise. A la faveur d’une conférence de presse tenue jeudi à Lomé, la CSTT s’est dit ‘indignée et consternée’ par des allégations mensongères proférées à son encontre par son syndicat de base. Les responsables ont dénoncé pêle-mêle l’immaturité syndicale de l’Usynatrazofe, des affabulations, de propos erronés visant à discréditer leur confédération. « Nous ne comprenons pas cet acharnement de l’Usyntrazofe contre la CSTT », a pesté Emmanuel Agbénou, Secrétaire Général de la centrale syndicale. 

Visiblement, cette affaire qui secoue la zone franche togolaise depuis huit mois, n’a pas encore fini de livrer tous ses secrets.

D’entrée de jeu, la CSTT a pris le contre-pied de l’Usyntrazofe, s’exprimant sur la forme du dossier.

Pour son Secrétaire Général, il n’y a pas eu de licenciement ‘abusif’ de 170 employés, comme le claironne l’autre camp. Mais en revanche, un ‘abandon de poste’, constaté par voie d’huissier.

« Depuis le 03 avril 2020, les 170 travailleurs étaient dehors jusqu’au 14 avril le jour où l’employeur leur a donné une mise en demeure avec injonction de reprendre le travail au plus tard le 17 avril. Ils ont refusé, ils sont toujours dehors. L’employeur a attendu deux semaines de plus c’est-à-dire le 28 Avril pour leur faire constater l’abandon de poste par voie d’Huissier. Et jusque-là, nos amis de l’USYNTRAZOFE, n’ont pas jugé utile de venir voir la CSTT. Ce n’est que le 05 Mai que leur Secrétaire général est venu me voir. C’est vraiment dommage. Au début de la crise le 03 Avril 2020, ils n’ont pas jugé utile de venir nous voir. Ils sont approchés des ONG, ils ont mené des démarches malheureusement qui n’ont pas abouti et ce n’est que le 5 mai qu’ils sont venus nous mettre la puce à l’oreille sur la crise qui les oppose à leur employeur. Et lors que nous les avons écouté, nous avons tenu un langage de vérité en leur faisant comprendre que même si l’employeur en réorganisant le temps de travail n’a pas pris soin de de consulter dans un premier temps les délégués du personnel, il serait inopportun d’arrêter le travail parce que l’employeur, selon eux, a violé le dialogue social« .

Emmanuel Agbénou

Des révélations de la CSTT, il ressort également que sur les 170 travailleurs de SOFANAT laissés sur le carreau, comme le martèle l’Usyntrazofe, 68 ont repris le travail. Et la CSTT revendique cet exploit.

« Dire que la CSTT est restée indifférente au licenciement abusif des 170 travailleurs de SAOFANAT, n’est que pur mensonge », glisse M Agbénou. Car, soutient-il, « la CSTT s’est fortement impliquée dans la résolution de problème » .

Ce dernier précise que « les 102 autres n’ont pas pu réintégré la société parce qu’ils ont refusé de suivre les directives de la CSTT ».

Par ailleurs, la CSTT dénonce un comportement ‘anti-syndical’ de de l’Usynatrazofe, qui estime avoir été abandonnée par la centrale syndicale et que son silence avait été acheté par la direction de SOFANAT.

« Il s’agit de quel silence? », s’interroge les responsables de la CSTT.

« Le comportement de nos camarades de l’Usynatrazofe est dégueulasse. Ils profèrent des mensonges dans les entreprises et engagent des bras de fer avec les employeurs pour faire croire aux travailleurs en difficultés que ce sont eux qui prennent leur défense », fulmine Emmanuel Agbénou.

Pour ce dernier, la solidarité syndicale doit être là vertu la mieux partagée.

« Nous avons fait ce qu’il fallait faire en notre âme et conscience sans tronquer la vérité. Nous ne devons pas jouer avec l’emploi de nos camarades travailleurs au profit de nos propres intérêts. C’est suicidaire ! Réclamer nos droits, d’accord ! Mais tout en ayant à l’esprit que l’entreprise ait une bonne santé financière. Car, sans ressources, l’employeur ne peut payer les droits des travailleurs« , conclu le SG de la CSTT.

Aujourd’hui, l’espoir est-il permis pour que les 102 autres travailleurs réintègrent la SOFANAT ?

A cette interrogation majeure, même si les chances sont visiblement minimes, vu que certains se sont déjà engagés sur la voie judiciaire, une lueur d’espoir se dégage tout de même au niveau des responsables de la CSTT.

« Pour ceux qui sont encore sur le carreau, notre désir le plus ardent, c’est de tout faire pour qu’ils reprennent le travail », fait savoir le SG de la CSTT.

Mais ce dernier fait cette précision : « il faut qu’ils comprennent qu’ils ont l’obligation d’obtempérer ce que l’employeur demande. C’est-à-dire introduire une lettre de demande de clémence ».

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