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Togo/Suspension des inscriptions dans les universités privées : indigné par la décision du gouvernement, le CEPES va rencontrer le ministre Ihou Watéba

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Tel un coup de tonnerre, la décision agite depuis plusieurs heures, le secteur de l’éducation et de la formation professionnelle, suscitant ainsi une avalanche de réactions de part et d’autres. A la surprise générale, le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Majesté Ihou Watéba, suspend toutes les procédures d’inscriptions au sein des universités privées du Togo à travers un courrier adressé le 28 octobre 2020, aux Fondateurs des Établissements Privés d’enseignement supérieur. Cette mesure qui intervient juste après la rentrée scolaire dans l’enseignement primaire et secondaire, concerne également la délivrance des permis d’ouverture, des renouvellements d’agrément et d’accréditation de nouvelles filières. Une situation qui fait grincer les dents au niveau du Conseil des Etablissements Privés d’Enseignement Supérieur (CEPES), qui regroupe en son sein les fondateurs et promoteurs de ces structures. Réuni jeudi 05 novembre 2020 en Assemblée Générale extraordinaire à Lomé, le Conseil s’est planché sur cette question de l’heure et saisi l’occasion pour réfléchir sur l’élaboration d’un mémorandum à soumettre aux autorités compétentes dans le cadre d’une rencontre prévue en début de semaine prochaine avec le ministre du tutelle.

D’entrée de jeu, il convient de rappeler que la décision du Ministre contraste largement avec l’objectif de la rencontre tenue trois mois plus tôt entre les responsables du ministère de l’Enseignement supérieur et le CEPES.

Une rencontre qui, faut-il le souligner, s’inscrivait dans la dynamique de s’accorder sur les dispositions à prendre pour une réouverture prochaine des universités publiques et privées, dans ce contexte de crise sanitaire liée au Covid-19.

Ce jeudi, le Conseil des Etablissements Privés d’Enseignement Supérieur (CEPES), s’est dit donc surpris par la démarche du ministre en charge de l’Enseignement supérieur qui, estime-t-il, compromet sérieusement son énorme contribution à la promotion d’une formation professionnelle de qualité au Togo.

Vu la teneur de la note du Ministre, le Conseil émet des craintes quant à une fermeture progressive des universités privées au Togo et une volonté manifeste de freiner leur élan.

CEPES soutient que les autorités en charge de l’Enseignement supérieur devraient plutôt s’inscrire dans une dynamique d’accompagnement, notamment en ce temps de Covid-19.

Car, soutient Dr Charles BIRREGAH, “nous avons été durement éprouvés par la pandémie, mais nous n’avons bénéficié d’aucune mesure d’accompagnement de la part du gouvernement”.

Même tonalité de la part de Macy AKAKPO, le président du CEPES.

“Dans les pays occidentaux, c’est le privé qui demeure le fer de lance de la formation professionnelle. Mais ironie du sort, il est négligé et vilipendé en Afrique”, regrette-il.

“Comment l’Etat pourrait arriver à maîtriser lui-seul, le flux des milliers d’étudiants sans l’apport des privés ?”. Voilà l’autre interrogation majeure de M AKAKPO, précisant qu’on en dénombre 60 000 à l’Université de Lomé et 22 000 à celle de Kara.

A quand la rentrée académique 2020-2021 dans le privé ? Voila l’épineuse question qui suscite un réel intérêt pour le CEPES mais, qui constitue dans le même temps, la pomme de discorde entre les deux parties.

A noter également qu’à la lumière de diverses interventions, il ressort que la décision de suspension provisoire des inscriptions dans les universités privées, si d’aventure elle est entérinée par le gouvernement, mettrait inéluctablement nombre de parents d’élèves dans une position inconfortable. Vu le nombre considérable de nouveaux bacheliers, susceptibles d’opter pour une formation professionnelle, cette année.

Prenant la mesure de la chose, le CEPES a donc formulé des recommandations en ce sens, afin que l’autorité puisse revoir sa copie.

Autant de sujets ayant fait l’objet de discussions au cours de cette Assemblée Générale, tenue dans le strict respect des mesures barrières qui s’imposent.

Une rencontre dont le but était essentiellement de recueillir des propositions concrètes des uns et des autres, lesquelles devront meubler les discussions entre le comité directoire du CEPES et le ministre de l’Enseignement supérieur.

A noter qu’au Togo, l’on dénombre près de 80 établissements privés d’enseignement supérieur officiellement reconnus par l’Etat dont une vingtaine à l’intérieur du pays.

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