Societé

Togo : les Zemidjans et la loterie, plus rien ne peut les séparer !

zémidjans-loterie_togopeople

La crise économique perdure. Le phénomène aussi s’accentue. Et il est loin de s’estomper de si tôt. ‘3 Nap’, ‘2 Sure’, ‘Perm’, ‘Banker’…Les variantes de ce jeu de hasard sont multiples. C’est une évidence. L’engouement monstre que suscite la loterie auprès des conducteurs de taxi-motos communément appelés ‘zemidjans’ , ne date pas d’aujourd’hui. Le contexte sanitaire lié au Covid-19, vient renforcer cette thèse. Par ailleurs, la multiplication des lignes de taxi-motos à Lomé, créant ainsi une concurrence rude sur le marché des transports, complique également les choses en matière de clientèle. C’est ainsi que certains prennent le risque en miser la recette de toute une journée de travail, tout en espérant décrocher le jackpot. Mais la plupart du temps, la désillusion est grande.

Difficile voire impossible de passer devant les agences et kiosques de LONATO, installés sur l’ensemble du territoire, et ne pas y apercevoir des zémidjans, munis des bouts de papiers, dans les files d’attente. Eh oui, la richesse frappe à la porte. Un détour à la ‘Maison de la Chance’ s’impose.

Face au risque très élevé de voir toutes ses économies volatilisées en un clin d’œil, courage et détermination demeurent le maître-mot. Et c’est de lundi à samedi. On connait tous le dicton : qui ne tente rien n’a rien.

Les ‘zémidjans’ ont l’habitude d’affirmer que les numéros de plaque de motos ou véhicules accidentés, ‘sortent’ à tout prix dans la combinaison gagnante du jour.

Des événements tragiques qui deviennent parfois source de bonheur pour les autres, le contraste est frappant.

En effet, les zemidjans sont les premiers à arriver sur les lieux de sinistre. Non pas, pour se substituer aux policiers qui ont pour rôle d’effectuer des constats et de dresser les procès verbaux (PV).

L’objectif relève plutôt de l’insolite : relever les numéros d’immatriculation des engins accidentés. Ensuite, ce qui reste facultatif : servir de témoins oculaires pour rapporter les circonstances de l’accident à leurs collègues.

Friands des histoires croustillantes, étant eux-mêmes des usagers de la route, ces drames alimentent souvent les discussions des conducteurs de taxi-motos, le plus souvent aux heures de pause.

Mais d’autres ne cherchent pas loin. Le bonheur pourrait bien être à portée de main. Ces derniers misent donc sur leurs numéros de téléphones, ou la plaque de leur moto ou encore celle d’un nouvel engin, que le voisin vient d’acquérir.

Bref, peu importe la recette du jour, la loterie est perçue comme une source de revenu substantielle, qui contribue dans une large mesure à la gestion de la popote. En attendant la tontine de fin du mois.

“Je joue au moins 600 par jour, des fois je gagne mais le plus souvent, je perds. Et j’aime jouer 3 NAP pour gagner gros. Malheureusement, parfois c’est un seul numéro qui sort. Mais je ne me décourage jamais. Je sais je vais gagner des millions un jour”, nous confie Elom, conducteur de taxi-moto, résidant à Agbalepedo, Lomé.

Son collègue très intéressé par la question, se confie à son tour: “Moi, c’est depuis 2011 que j’ai commencé par jouer au loto. Et je peux affirmer que c’est ce qui m’a même permis d’acheter un demi lot à Zanguéra. Un jour, j’ai gagné 450 000 F. Et depuis ce jour, je n’ai pas arrêté de parier. D’ailleurs, c’est moi qui donne les numéros à mes collègues ici, après je perçois des commissions. En tout cas, c’est chacun avec sa chance”.

Un autre rencontré à Déckon, un quartier chaud de la capitale togolaise, se montre plutôt septique :

“Un ami m’a convaincu un jour que le numéro de ma plaque d’immatriculation va sortir. Et j’ai misé 2000 F, l’argent que je devrais verser au propriétaire de ma moto le soir-là. Au finish, je n’ai vu que du feu. Aucun numéro n’est sorti gagnant. J’ai regretté amèrement. Et depuis ce jour, j’ai juré que je ne jouerai plus jamais au loto. Dieu même peut descendre du ciel pour me donner le trio gagnant, je ne vais plus jouer de toute ma vie. Affaire de loto, c’est comme un esprit malsain qui entraîne les gens dedans. Si tu ne fais pas attention, tu vas même vendre ta maison pour jouer avec”.

Avec un nombre de ‘parieurs’ qui ne cesse de croître d’année en année, les zemidjans se classent indéniablement parmi les partenaires privilégiés de la Loterie Nationale Togolaise (LONATO), dénommée la ‘Maison de la Chance’.

Si certains y ont trouvé le chemin de la richesse, d’autres en revanche y ont laissé de grosses fortunes.

Le rêve pour ces derniers de devenir millionnaires ou l’ambition de vivre dignement, vole ainsi en éclat.

Pour vos annonces publicitaires – couvertures médiatiques – publi-reportages, interviews, portraits…

Contactez le service commercial de votre site Togo People : Tél/WhatsApp : (+228) 90243980

Related posts
Societé

Covid-19 : découvrez les communes les plus touchées dans le Grand Lomé

Societé

La CEET lance une promotion pour booster l'électrification rurale

Societé

Rentrée scolaire : IJM fait don de kits scolaires aux élèves de Temedja

Societé

Togo : Gozem va livrer des repas !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *