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Covid-19 au Togo : le COSEPLAC et SADD appellent à agir pour soulager la souffrance des enseignants dans le privé laïc et confessionnel

COSEPLAC_SADD

Confrontés à la faim, aux difficultés à payer leurs loyers et à prendre en charge la santé de leurs familles, les enseignants des écoles privées laïques et confessionnelles sont considérés comme les ‘grands oubliés’ en termes d’accompagnement face à la Covid-19. Et pourtant…Avec environ plus de 5800 enseignants repartis sur l’ensemble du territoire national, ils constituent une frange importante dans le système éducatif togolais. Face à la menace de la famine qui plane sur ce secteur, le Collectif des syndicats des enseignements privés laïcs et confessionnels (COSEPLAC), assistée par l’Ong Solidarité et Action pour le Développement Durable (SADD), appelle le gouvernement à agir au plus vite. Ceci, en pesant de tout son poids pour la régularisation des salaires.

Suite à la décision de fermeture des écoles le 20 mars 2020 par le gouvernement, dans le cadre de la riposte à la pandémie, et la suspension par nombre d’administrations des salaires du mois de mars notamment, ou encore la diminution des primes et autres avantages déjà misérables de ces derniers, ces enseignants deviennent de plus en plus vulnérables.

Mécontents de cette situation alarmante, le COSEPLAC et l’Ong SADD, attirent l’attention du gouvernement sur la situation de la famine qui toucherait directement 2971 personnes du secteur, si rien n’est fait dans les plus brefs délais.

A la faveur d’une rencontre avec la presse tenue le 09 juin 2020 à Lomé, avec le soutien du Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD- terre solidaire ) de France, ces deux organisations de la société civile ont rendu publique, une déclaration conjointe, lue par le Coordonnateur du COSEPLAC, Vissikou Senouvo.

Le document dresse dans un premier temps un tableau peu reluisant des conditions de vie et de travail des enseignants dans le privé laïc et confessionnel du Togo. Ensuite, un appel pressant à l’endroit des acteurs du monde éducatif pour sauver les enseignants des écoles privées laïques et confessionnelles, en quête de meilleurs conditions de vie et de travail notamment en cette période de crise sanitaire.

D’emblée, il ressort que sur les 5800 enseignants, 51% ne bénéficient pas de contrat de travail signé en bonne et due forme (des contrats de travail de 09 mois renouvelables à longueur des années), ni de quelque forme de protection sociale (déclaration à la caisse, assurance maladie) et vivent dans des conditions de précarité qui les rendent vulnérables dans ce contexte de riposte à la Covid-19.

Si aucune solution idoine n’est trouvée dans les prochains jours, font savoir ces OSC, outre les personnes prises en charge par ces enseignants, en moyenne 03 par ménage, ce sont environ 8913 personnes qui tomberaient dans l’extrême pauvreté.

Aujourd’hui, souligne la déclaration, “ces enseignants subissent impuissant les impacts de la crise sanitaire mondiale qui les projette dans une extrême pauvreté et misère indescriptible”.

“Tout confus et brisés, certains pourraient-ils se donner la mort ?C’est ce qu’on peut penser de M. Franck Apélété, Censeur à l’Institut “Étoile du Matin”, sise  dans le quartier DabaraKondji à Lomé, qui a été retrouvé mort le 31 mai 2020 pendu dans sa chambre”, peut-on lire.

“Dans l’impossibilité d’élucider les circonstances exacte de cet acte désespéré, aurait-on tort d’avancer des hypothèses liées à la précarité de ses conditions de vie et de travail caractérisée par des mois sans salaire due à la fermeture des écoles suite au plan de riposte contre la COVID-19 décrété par le gouvernement”.

“Face à une situation qui pré-augure plus la mort pour cause de faim et le suicide plutôt que la mort parla COVID-19, prenant la mesure des choses, le gouvernement doit être plus réceptif et réactif à nos plaidoyers pour soulager l’immense souffrance des milliers d’enseignants et leurs familles qui sont aisément basculés dans l’extrême pauvreté suite au plan de riposte contre la COVID-19 lancé à juste titre par le chef de l’Etat”, plaident le COSEPLAC et l’Ong SADD.

Pour rappel, le Collectif des Syndicats des Enseignements Privés Laïcs et Confessionnels (COSEPLAC) du Togo est un regroupement de sept organisations syndicales à savoir : SYLECTSECT, SYNEC/PP, SEPT/CSTT, SEPT/FESEN, SYPCOPT et SYNESPLAC- TOGO. Cette coalition est faite depuis 2012 afin de fédérer les énergies pour la défense des droits  et à l’amélioration des conditions de vie et de travail des travailleurs dans ce secteur.


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