Societé

Togo : AAVOED outille les jeunes femmes à mieux exercer leurs droits

AAVOED

Le constat reste alarmant. Malgré d’importantes avancées, les droits des femmes et des jeunes filles sont encore mis à rude épreuve dans le monde. Plus loin, ces dernières sont freinées dans leur accès aux responsabilités au même titre que les hommes. Au Togo, l’association AAVOED, présidée par Me Molgah Kadjaka, veut renverser la donne. C’est ainsi qu’elle a initié samedi 14 mars 2020 une causerie-débat autour du thème “Engagement pour les droits de la femme, premier acte de la dignité de la jeune fille”. L’ambition était d’approfondir ensemble les réflexions et envisager des approches de solutions afin de rendre effective les droits de la femme et de l’égalité homme-femme.

D’emblée, cette rencontre s’inscrit dans le prolongement des activités marquant la commémoration de la Journée internationale des droits de la femme (JIF 2020). Thème de cette année “Je suis de la Génération Égalité : Levez-vous pour les droits des femmes”.

Dans son discours introductif, Me Molgah Kadjaka a soutenu mordicus qu'”acquérir des droits est bien, se les approprier et les exercer est meilleur”.

Tout en appelant à plus d’engagement, la présidente de l’association AAVOED a adressé un constat pour le moins reluisant : “Tous les jours, plusieurs femmes et surtout les jeunes filles continuent d’être victimes d’humiliations, de privations de leurs droits, de harcèlements, de viols, de violences, de traitements inhumains et dégradants, perpétrés au nom des traditions ou des lois injustes. Dans certaines coutumes, les mariages précoces et forcés font légion, perpétuant ainsi les stéréotypes traditionnelles qui attribuent aux femmes un rôle de reproduction et à l’homme le rôle productif”.

Et comme conséquence, souligne Me Kadjaka, “cet état de fait qui vole leur enfance à nos jeunes sœurs, conduisent à la déscolarisation, à des grossesses non désirées, à des situations de profonde détresse et frustration au sein de la gente féminine”. Une situation que cette dernière dénonce avec virulence.

Même si la condition des femmes s’est largement améliorée, surtout depuis quelques décennies, relève-t-elle, “nous nous demandons si, aujourd’hui, la femme est vraiment considérée comme égale de l’homme ou bien si, les inégalités due aux a priori, perdurent”.

Tout en saluant au Togo, toutes les avancées réalisées en faveur de l’égalité homme-femme, en matière juridique, institutionnelle, sociale, économique, et surtout la politique d’inclusion contenu dans le Plan National de Développement (PND), Me Kadjaka dit constater malgré ces efforts, une ‘sous-représentation’ des femmes dans les instances décisionnelles.

“Au-delà de cette représentation, l’accès de la femme à la propriété foncière et surtout en matière de succession demeure un grand défi”, a-t-elle mentionné.

Après avoir posé un diagnostic clair de la situation des droits des femmes et des jeunes filles au Togo, la présidente de l’association AAVOED a soutenu que “pour parvenir fondamentalement une réalité de l’égalité homme-femme, la femme doit prendre la résolution de s’engager et décider pour sa vie, s’éveiller à ses droits et devoirs et les exercer et non s’orienter selon le désir des autres”.

A noter dans le cadre de cette causerie-débat, les responsables de l’association ont jugé utile de mettre à contribution des femmes qui s’illustrent positivement dans leurs domaines d’activité, pour une partage d’expériences.

C’est ce qui a justifié la présence de Mme Stella BAGNAH-GAMON, cadre de banque, un modèle de réussite sociale, qui a entretenu l’assistance sur son parcours en tant que femme dans le monde de la finance, tout en évoquant son cursus scolaire.

« Côtoyer des femmes leaders, les écouter, partager leurs expériences, a un impact sur l’accomplissement de la jeune fille. Nous devons les aider à faire un choix, à se positionner pour leur avenir. Les échanges de cet après-midi nous ont permis de comprendre que les jeunes filles ont des attentes mais pas l’écoute. Il nous faut désormais leur consacrer un peu de notre temps, être attentives et œuvrer auprès de nos jeunes sœurs et filles pour les aider à aller de l’avant », a indiqué cette dernière.

Pour rappel, ce ‘8 mars’ coïncide avec le 25è anniversaire de la Déclaration du Programme d’action de Beijing (Chine) adopté, en 1995, lors de la quatrième conférence mondiale sur les droits des femmes.

Pour s’arrimer au mouvement global international, le Togo a retenu cette année, le thème “Femme togolaise à l’aune de Beijing + 25 : Bilan et perspective”.

L’égalité des sexes, aussi connue comme l’égalité des genres, est le principe selon lequel les hommes et les femmes devraient recevoir un traitement égal et ne devraient pas être victimes de discriminations basées sur leur appartenance à l’un ou l’autre sexe.

Related posts
Societé

Togo : face aux cris de désespoir des Agents enquêteurs agricoles de la DSID, l'Ong SADD monte au créneau !

Societé

Togo : le SYNEMPATO fixe de nouveaux tarifs dans les moulins !

Societé

Togo : les Zemidjans et la loterie, plus rien ne peut les séparer !

Societé

Togo : la commune de Fabre reçoit un appui de l’Allemagne

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *