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Koffi Djondo : “Je n’ai pas eu une enfance comme celle de tout le monde”

Beaucoup auraient parié qu’il avait connu une enfance facile et une jeunesse dorée. Hélas ! Le monument africain, l’octogénaire togolais fait partie de ces grands hommes qui sont arrivés au sommet grâce à leur ténacité. La rigueur, voilà le trait de caractère qui caractérise Koffi Djondo, le célèbre fondateur du groupe Ecobank et la compagnie aérienne Asky. Une rigueur qu’il a hérité de son père, et qui aura probablement forgé sa personnalité. Eh oui ! Ce panafricaniste et visionnaire, a reçu une éducation vraiment stricte qu’il évoque par moment en la qualifiant de prussienne. “Je n’ai pas eu une enfance comme celle de tout le monde”, a-t-il confié dans un entretien exclusif avec Agence Ecofin.

L’un des épisodes qui illustrent bien de ce trait de caractère de Koffi Djondo est intervenu en 1964. Le richissime homme d’affaires est alors directeur général de la Caisse d’allocations familiales, actuelle Caisse nationale de sécurité sociale.  

“J’avais installé une pointeuse (horloge permettant de marquer l’arrivée des salariés ; ndlr), la première du pays dans le secteur parapublic. Dans mes services, j’avais l’épouse du vice-président et des femmes de ministres. Pointer leur posait problème. On m’a interpellé à ce sujet. J’ai répondu que, même moi, je pointais tous les jours. À l’époque, les militaires s’amusaient dans les entreprises, ils obligeaient les gens à recruter leurs maîtresses. Chez moi, non. Ces pratiques ne passaient pas et je l’ai clairement signifié en déclarant à ces messieurs : venez m’arrêter si vous voulez

“Je n’ai pas eu une enfance comme celle de tout le monde 

J’ai grandi au Togo, dans la région d’Aného. Je n’ai pas eu une enfance comme celle de tout le monde. Je suis fils unique et c’est mon père qui m’a élevé. Grand commerçant, il appartenait à la génération des Allemands qui ont colonisé le Togo. Il était très dur. Quand il prenait ses repas, je devais rester les bras croisés en face de la table, pour ramasser les miettes qui tombaient, ou apporter ce dont il avait besoin. Quand je me mettais à somnoler, j’avais chaud ! Très chaud ! Une fois alors que je somnolais, il m’a mis à genou sur des coques de palmiste. J’avais les genoux en sang. Sortir m’était interdit. Je ne quittais la maison que pour aller à l’école, où mon père m’accompagnait. Et le dimanche, j’allais à la messe avec lui. Il me tenait par la main et ne tolérait pas que je m’éloigne , se souvient Gervais Kofi Djondo.

Un enfant ne peut pas ne pas être puni : il doit savoir que s’il fait telle ou telle bêtise, il sera sanctionné

En dépit de toutes ces ‘brimades’, l’entrepreneur ne regrette rien. D’ailleurs, il ne semble pas vraiment en vouloir à son père qui lui a enseigné la rigueur qu’il cultive depuis lors.

« Sans vouloir entrer dans les discussions actuelles en Europe ou aux États-Unis sur les punitions et les fessées qu’il ne faudrait plus donner aux enfants, je pense que c’est une grave erreur de ne pas réprimander. Un enfant ne peut pas ne pas être puni : il doit savoir que s’il fait telle ou telle bêtise, il sera sanctionné, explique Gervais Koffi Djondo.

En dépit de tout, l’entrepreneur hors norme, qui a vu le jour le 04 juin 1934, se distingue par le parcours qu’on lui connait aujourd’hui. Lequel lui a valu nombre de prix et distinctions à l’échelle internationale.

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