Emploi

Pourquoi le Togolais cherche-t-il autant à connaitre le salaire de son voisin ?

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L’homme de par sa nature veut toujours davantage que les autres. Et le salaire d’un travailleur n’est uniquement satisfaisant que s’il est plus élevé que celui de son voisin. Ce trait de caractère très courant en Afrique notamment au Togo, a des explications scientifiques. Du moins, c’est ce que la recherche effectuée par le scientifique cognitif Paul Bloom, pourrait laisser croire.

Au Togo, le salaire minimum est fixé par la Convention Collective Interprofessionnelle, qui a été signée en décembre 2011 par le Conseil National du Patronat et par les centrales syndicales, et approuvé par le Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité Sociale.

Avec la Convention Collective Interprofessionelle, qui entrée en vigueur à partir de janvier 2012, le salaire minimum a été fixé à 35.000 francs CFA par mois. 

Pourquoi les Togolais se préoccupent-ils tant de ce que gagne son voisin ?

Dans une présentation, le scientifique a clairement démontré jusqu’à quel point les humains, même très jeunes, veulent avoir le dessus sur leurs voisins.

Nous sommes “extrêmement sensibles à recevoir moins que les autres”, a affirmé Paul Bloom.

Il a décrit une expérience dans laquelle les chercheurs donnent le choix à des enfants de quatre à sept ans entre deux options : l’enfant et un inconnu peuvent recevoir tous les deux beaucoup de jetons de poker qui pourront être échangés contre des jouets (l’option “juste”) ou bien l’enfant peut recevoir moins de jetons mais son équipier en aura en quantité encore moindre (l’option “avantage relatif”).

Les enfants ont préféré obtenir moins de jetons dans la mesure où ils en avaient toujours plus que leur équipier.

“Ils se moquent de l’équité. Ce qu’ils veulent, c’est avoir relativement plus”, a déclaré Paul Bloom dans une interview avec le site 60 minutes. “Nous pouvons observer cela chez nos cousins évolutifs, les singes capucins. Ils sont tout à fait heureux d’avoir des concombres pour friandises jusqu’à ce que leur voisin mette la main sur des raisins savoureux. Puis, ils sont devenus fous furieux à cause de l’extrême injustice, lançant même le concombre à l’expérimentateur”.

Mais heureusement, souligne ce dernier, “pour la tranquillité de la société, il semble qu’en prenant de l’âge, nous nous entraînons à ne pas penser ainsi”.

Lorsque Paul Bloom et ses collègues ont tenté à nouveau l’expérience avec des enfants plus âgés, l’inverse s’est produit.

Aux alentours de 8 ans, plus d’enfants ont commencé à choisir l’option juste (six jetons pour moi, six jetons pour toi) plutôt que l’option de l’avantage relatif (quatre pour moi mais deux pour toi). Vers l’âge de neuf ou dix ans, les enfants acceptent même une récompense moindre afin de donner plus à l’autre.

“Ils ont été éduqués, ils se sont acculturés, on leur a rempli la tête des vertus que l’on souhaite qu’ils possèdent”, affirme Paul Bloom.

Même en tant qu’adultes, nous savons que nous sommes influencés par nos penchants naturels et nous travaillons dur à les détourner.

Paul Bloom a déterminé, par exemple, que la constitution américaine a été conçue afin de bloquer nos pires impulsions. “Nous sommes assez intelligents pour créer des institutions sociales comme les auditions à l’aveugle pour surpasser les parties de nous-mêmes que nous haïssons le plus”, affirme-t-il.

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